• Jan : 4 : 2018 - Cavaliers reportedly tried trading Kyrie Irving before he asked to be moved
  • Jan : 4 : 2018 - North Korea’s proposed talks don’t mean Kim will give up nukes, experts say
  • Jan : 4 : 2018 - Commémoration du 214e anniversaire de l’Indépendance aux Gonaïves
  • Jan : 4 : 2018 - Jovenel Moïse lance les états généraux sectoriels de la nation
  • Feb : 2 : 2017 - President-Elect Jovenel Moïse of Haiti Vows to Create Plan to Channel Aid

Aux Gonaïves, pour les 214 ans de l’Indépendance, le président de la République, en plus d’avoir appelé à l’ « union », à la « concertation » pour refonder le pays, a annoncé les états généraux sectoriels de la nation. Jovenel Moïse, qui vante déjà ses réalisations comme les chantiers de la pyramide, a parlé de ses rêves, ses intentions, notamment celle de faire d’Haïti un pays émergent en 2030, soit dans 12 ans.

Lundi 1er janvier. Gonaïves s’est réveillé relativement placide, attendant le ballet d’officiels pour la célébration des 214 ans de l’Indépendance, comme le veut le rituel. Les menaces de boycott, incessamment brandies ces derniers jours par d’anciens prisonniers graciés par Michel Martelly qui, dans un passé pas trop lointain, ont transformé la ville en un berceau de la rébellion anti-Aristide, n’ont pas fait long feu. Le pouvoir a triomphé. Les voitures rutilantes ont défilé au cœur de la ville. Le président de la République, et bien sûr, beaucoup d’autres chefs, le Premier ministre, des ministres, les présidents des deux chambres du Parlement, des figures du corps diplomatique, ne pouvaient pas être moins heureux sur la terre salée, réputée chaude, rebelle, convulsive…

Les chefs, peu après le traditionnel Te Deum, où ils se sont vus exposer les manquements et les errements séculaires d’Haïti par le Monseigneur Yves  Marie Péan, se sont agglutinés à la rue Fabre Nicolas Geffrad, à un jet de pierre de l’Alliance française, le dos à la place d’armes et aux portraits des héros de l’Indépendance. Les militants, pas du tout nombreux, tenus loin du stand des officiels, ont laissé libre cours à leurs frustrations, leurs misères. Sur les pancartes brandies, on pouvait lire, entre autres, « nou pa bezwen pawòl, se manje nou bezwen ». Le président de la République, dont la valise ne tarit guère de promesses, leur a pourtant parlé, nonobstant quelques vagues huées. Jovenel Moïse, brossant au passage les sacrifices consentis par les fondateurs de la nation pour l’extraire du joug colonial, estime, sans le dire, que cet héritage est aujourd’hui à la dérive.

Un héritage « menacé »

« Qu’avons-nous fait de cet héritage ? », s’est questionné le chef de l’État, sous les yeux des militants quelques peu impassibles. Jovenel Moïse, dans un discours en créole et en français, s’est beaucoup attardé sur des questionnements auxquels très peu de réponses ont été données depuis plus 200 ans. « Soti 1804 pou rive jodi a, 214 lane apre, tan ale, tan vini. Nou dwe kesyone tèt nou, mande sa nou fè ak eritaj zansèt yo, sa nou fè ak peyi ya, sa nou deside fè avè l. Eske n pran konsyans ki kote nou ye e ki kote nou vle ale ? », a-t-il ajouté, conscient que là où se trouve le pays ne devrait pas être sa place. « L’héritage est menacé », a soutenu Jovenel Moïse. « Qu’est-ce que nous décidons de faire avec le pays ? Sommes-nous prêts à relever les nouveaux défis ? […] », a-t-il répété dans une litanie de questions dont il semble soudainement découvrir le secret.

Le chef de l’État, qui a des yeux de Chimène pour ce qu’il campe comme ses « réalisations » depuis qu’il s’est vu confier les destinées de la nation, a vendu les vertus de sa caravane, mis en avant, entre autres, sa volonté de combattre les maux qui condamnent Haïti à l’immobilisme depuis des lustres. « La Caravane du changement c’est un moteur en marche, un rassemblement, un message qui pousse tous les Haïtiens à se mettre ensemble pour relever l’agriculture », a-t-il déclaré, appelant au dialogue, à la concertation pour rendre possible le grand « combite national », nécessaire à la croissance et au développement du pays. Le président, comme ses prédécesseurs, se veut optimiste et a parlé de ses rêves, d’un certain avenir en commun à réinventer, d’une union – encore impossible – pour faire renaître une Haïti nouvelle.

Haïti, pays émergent en 2030 ?

« Mon gouvernement œuvre pour qu’en 2030 Haïti rentre dans l’ère de l’émergence économique et sociale », a indiqué, en créole, le chef de l’État. Entre ses promesses et sa conviction sans cesse brandie de respecter la Constitution, Jovenel Moïse s’est également frotté les mains d’avoir remobilisé les Forces armées d’Haïti. « Le temps de la rupture est arrivé », plastronne-t-il. Par moments, au cours de son discours, mais surtout quand il égrène ses bonnes intentions, des « pawòl ! pawòl ! » sortent de la petite foule de militants bavards. « Ce qui peut nous rassembler n’est plus seulement notre passé réel ou fantasmé ni non plus une vague idée que nous sommes un même peuple et que nous habitons un même pays. Ce qui va nous rassembler désormais, c’est ce que nous cherchons ensemble, ce que nous voulons faire ensemble. C’est ce que nous croyons ensemble […] », a-t-il enchaîné, annonçant les états généraux sectoriels de la nation.

« C’est pour construire cette croyance supérieure qui va cimenter la société, la fortifier que nous lançons les états généraux sectoriels de la nation après les consultations de tous les secteurs de la vie nationale au cours des trois derniers mois. Grâce à ces assises, nous recueillerons les témoignages, nous trouverons le chemin critique qui nous permettra d’arriver à la volonté de faire route ensemble », a affirmé Jovenel Moïse. Un peu avant le chef de l’État, à la cathédrale de la ville, le Mgr Yves Marie Péan, comme il le fait depuis trois ans successifs, a, lui aussi, appelé à l’unité, au dialogue, mais il a aussi et surtout insisté sur la nécessité à ce que les intérêts de la population soient primés sur les intérêts individuels. Le petit diagnostic des maux du pays qu’il a dépeint est des plus sombres. Mais il a refusé d’être fataliste. Le leader ecclésiastique, qui appelle au «redressement de la société», mise sa foi dans la volonté des forces vives de la nation à donner le ton. Les chefs, ceux-là même qui peinent à réinventer l’avenir d’Haïti, l’ont écouté, comme d’habitude,avec attention…

Categories: Featured, Haiti News

Leave a Reply


Mix FM Live

Twitter updates

RSS not configured